Le cheval Mongol

  1. Intro
  2. Race
  3. Caractèristiques
  4. Allure
  5. Harnachement
  6. Histoire de la race
  7. Morphologie et caractère
  8. Etat de l'élevage
  9. Utilisation
  10. L'aïrag
  11. La traite des juments
  12. Le cheval sauvage mongol
  13. Histoire du cheval de Przewalski
copains mongols

Voir notre article "mongolie à cheval"

Bienvenue sur la terre du cheval !

La Mongolie est souvent décrite comme la « terre du cheval ». Les enfants des nomades apprennent à monter dès l’âge de quatre ou cinq ans et environ la moitié de ce pays de 3 millions de personnes, semi-nomade élève des chevaux. (La mongolie est le pays du monde qui possède le plus de chevaux par habitant ! ).

Retour

Race du cheval Mongol

Le cheval mongol est une race de petit cheval de selle, qui, comme son nom l'indique, est le cheval autochtone de la Mongolie. C'est une race très ancienne qui est à l'origine de nombreuses autres races dans le monde. Il est petit et trapu. Mais ce n’est pas un poney. Très polyvalent, il est vif, alerte et possède une remarquable habilité au travail sous la selle et le bât, avec le bétail, à la ferme et au trait. Sa docilité, sa résistance et son endurance font de ce cheval le compagnon indispensable des nomades. Il est ainsi utilisé autant en élevage pour le lait des juments que comme moyen de transport, monté notamment lors du Naadam, la fête nationale mongole. C'est également une source d'inspiration pour de nombreux romans pour la jeunesse.

Retour

Caractèristiques légendaires

cheveaux naadam 2011 Sa rusticité, sa résistance et son endurance sont légendaires : on mentionne volontiers que les chevaux fournis par la RPM à l'Union Soviétique, au cours de la dernière guerre mondiale, sont allés jusqu'à Berlin. Volontaire, infatigable, docile, et très endurant sont ses qualités principales. Le Cheval Mongol est également doté d’une grande résistance. Il peut parcourir 80 à 95 km par jour, même en terrain accidenté et les courses de 30 à 60 km font partie intégrante de la vie sociale. Très populaires, ces courses sont adaptées aux qualités spécifiques des chevaux Mongols plus résistants que rapides. De manière générale, ce cheval porte une tête massive et lourde avec un profil droit et un front large, des yeux en amande, des oreilles petites et très mobiles. L’encolure est courte, épaisse et musclée. Le garrot assez bas, annonce un dos très fort, court et droit, et une croupe longue, tombante et musclée, une queue assez haut placée, des membres solides et courts. Grâce à ses sabots résistants et durs, il a rarement besoin d'être ferré. Ce cheval aux crins abondants, présente généralement une robe baie, baie sombre, souris, noire, rouan ou isabelle. Il toise généralement entre 1,22 m et 1,42 m.

Retour

Allure

L’allure naturelle du Cheval Mongol est le trot. Certains individus, très recherchés, amblent naturellement. Son pas n'est pas très étendu et au petit galop, il n'est pas plus rapide qu'au trot.

Retour

Harnachement

naadam chevaux L’assiette du cavalier « juché » sur son cheval est une caractéristique de tous les cavaliers de la tradition équestre mongole. L. Gianoli (op. cit.) résume ainsi l'équitation de ce peuple : « ... les Mongols pratiquaient une équitation naturelle, laissant à leurs chevaux la plus grande liberté et un équilibre naturel, ce qui devait permettre ces brusques changements de direction sur une simple impulsion de la jambe et par un léger déplacement du poids du cavalier. » C'est un peu court ! Et c'est faux quant à la jambe. En effet, on est sûr d'une chose : empêchée par le grand quartier de tradition chinoise qui la coupe du contact du cheval, la jambe ne pouvait agir pour animer le cheval. Le mouvement en avant était, est encore, commandé par le fouet qui fait partie du harnachement mongol.

Avec une selle qui libère son dos par un siège très haut, et qui répartit le poids du cavalier par des bandes très longues, le vaillant petit animal, équilibré sur les épaules retrouve une locomotion normale. Dès lors, toutes ses qualités peuvent s'exprimer.

Avec cette selle originale, les Mongols ont utilisé un harnais de tête spécifique, comparable à aucun autre. Le bridon (amgai) n'est pas un filet à canons épais. Il est fait de deux tiges minces et courbes, se reliant dans la bouche (manière mors brisé) et sortant largement des commissures des lèvres, jusqu'à remonter sur les joues. Là, ces tiges s'articulent sur deux anneaux, attachés aux montants. De ces anneaux partent deux rênes, et une longe sur le côté gauche. Cette embouchure a un effet releveur de la tête et renverseur de l'encolure. La tête porte au vent dès que la main agit. La conduite, à une main, se fait sur rênes très courtes, par appui de l'anneau sur la joue du cheval. « ... Les Mongols disent qu'ils dirigent leur monture par une action non pas sur la bouche, mais sur les joues ».

Retour

Histoire de la race

Les origines du cheval mongol sont lointaines et incertaines, mais on peut établir la présence de chevaux chez les nomades des steppes asiatiques centrales depuis 2000 av. J.-C. Des tests ont montré, que parmi toutes les races de cheval, les chevaux mongols possèdent la plus grande variété génétique, suivie par les chevaux de la république de Touva. Cela indique que c'est une race très archaïque qui a peu subi peu la sélection de l'homme au cours des siècles. Les données indiquent aussi que beaucoup d'autres races descendent des chevaux mongols. Les chevaux mongols ont également joué un important rôle historique, en particulier au XIIIe siècle, où Gengis Khan a bâti l'un des plus vastes empires de tous les temps grâce à sa stratégie militaire et à sa grande armée de cavaliers.

Retour

Morphologie et caractère

cheval_mongol Sa tête est lourde et son encolure courte et massive. Le corps est large et les jambes sont courtes avec de bonnes articulations. La corne des sabots est particulièrement dure et résistante. Toutes les robes sont observables chez la race. Il est vigoureux, endurant et est doté d'une très grande endurance. Une fois dressé, c'est un animal au tempérament docile.

Retour

État de l'élevage

La Mongolie compte environ trois millions de chevaux. Ils partagent la vie des nomades au sein de l'immense steppe. Le débourrage des chevaux est assez sommaire et pratiqué uniquement par les hommes. Les chevaux sont en effet farouches, et se laissent difficilement approcher ou attraper. Mais une fois domestiqués, ils s'avèrent très dociles et peuvent être montés même par de très jeunes enfants.

Retour

Utilisation

cheval_mongolLe cheval mongol est un compagnon et un outil indispensable à la vie des nomades. Utilisé pour le transport, il est capable de porter de très lourdes et charges et peut marcher entre 50 km et 60 km par jour. Le lait des juments est aussi un élément primordial dans l'alimentation des nomades puisqu'il est utilisé pour fabriquer l'aïrag, qui n'est autre que du lait de jument fermenté. La jument est ainsi traite 4 à 5 fois par jour et produit en moyenne 550 kg et 600 kg de lait par an. Chaque année, lors de la fête nationale du Naadam, les chevaux sont mis à l'honneur. Une grande course est organisée dans laquelle des enfants de cinq à douze ans s'affrontent sur une distance de quinze à trente kilomètres. Les nomades n'hésitent pas à faire plusieurs jours de route à dos de cheval pour participer à l'événement. Le cheval mongol dans la culture et est le sujet de nombreux romans pour la jeunesse. On peut ainsi citer Khan, cheval des steppes de Federica de Cesco, Le merveilleux cheval mongol de James Aldridge ou encore Naadam de Magali Bonniol, qui racontent tous la relation entre un enfant et un cheval mongol.

Retour

L'aïrag

cheval_mongol Le Cheval Mongol est aussi utilisé pour le lait, indispensable à la vie pastorale de la population. Aujourd’hui encore, les Mongols utilisent traditionnellement le lait de jument. La traite permet d'obtenir 150 à 300 kg de lait, en addition à ce que tète le poulain. Cela représente une moyenne de 3 à 4 litres par jour, récoltés au cours de 5 traites, parfois plus. Le lait de jument est utilisé pour préparer un lait fermenté, l'aïrag. Traditionnellement sa fabrication est réalisée dans de la vaisselle de bois et dans une outre faite de peau de chèvre ou de mouton dont les poils tournés vers l'intérieur recèlent le ferment. Consommé à grandes bolées, le lait de jument fermenté est l'aliment souverain de la vie mongole. Sans l'aïrag, pas de force, pas de résistance, pas de joie soutenue. À la fois breuvage et nourriture, l'aïrag établit une liaison fondamentale entre le cheval et le peuple des steppes : celui qui a grandi au lait de jument ne peut que connaître le langage des chevaux. La production de lait par les juments est considérée comme un moyen d'augmenter la productivité du cheptel chevalin. La fabrication d'aïrag (ou koumys) par fermentation du lait de jument est une coutume traditionnelle et un élément essentiel d'apport de vitamines dans l'alimentation des peuples nomades qui, s'adonnant à l'élevage, ne consommaient aucune crudité. L'aïrag contient une grosse quantité de vitamines B, C et A, sa fraction protéique est riche en acides aminés indispensables et ses fractions lipidiques et glucidiques sont facilement digestibles. On distingue 3 catégories: faible, moyen et fort. C'est une boisson curieuse pour qui n'est pas habitué, intermédiaire entre du lait très clair, celui de la jument et un jus de citron dû à l'acidité du ferment. On s'y habitue cependant très vite car on en ressent immédiatement les bienfaits sur l'estomac et la digestion. Au bout de quelques jours à température ambiante, l'aïrag saute comme du champagne.

Retour

La traite les juments

La traite commence en habituant progressivement les juments au processus, un mois après le pouline. On peut parfois commencer un peu plus tôt, selon l'état du poulain, mais jamais moins de 20 jours après la naissance. Pendant la première moitié des 5 à 6 mois de lactation, les juments sont traites toutes les 2 heures. La durée de la traite varie de 1 à 3 minutes. Elle dépend principalement du taux d'ocytocine qui, chez la jument, baisse assez rapidement. Pour obtenir toute la production de lait sans qu'une rétention dans la mamelle se produise, il faut donc, qu'il y ait des sécrétions hormonales répétées. La présence du poulain aux côtés de sa mère est utilisée dans ce sens.

Retour

Le cheval sauvage mongol

cheval_mongol Le cheval sauvage mongol est connu en occident comme le cheval de Prezewalski d'après le nom du naturaliste russe, Nikolai Przewalski, qui fut le premier à apercevoir plusieurs troupeaux en 1879. En Mongolie il est appelé takhi. De la taille d'un poney, le takhi est jaune-brun foncé, solidement bâtis, avec un dos court et un train arrière haut-perché. Leur manteau d'hiver de poils lourd et rebelle devient léger et lisse en été et leur crinière est fournie et droite comme celle d'un zèbre. Le cheval de Przewalski est bien le comble du paradoxe, car cette sous-espèce est la seule qui soit réellement sauvage. C’est un cheval trapu, massif, mesurant de 1,20 à 1,35 m au garrot. Il possède une encolure large et une tête forte. Sa crinière qu’il renouvelle chaque année comme sa queue, est dressée naturellement. Il possède également une raie de mulet et parfois des zébrures plus ou moins visibles sur les jambes. Le cheval de Przewalski a mauvais caractère. Il a une fâcheuse tendance à vous décocher un coup de pied d’un antérieur de façon latérale une fraction de seconde après avoir baissé les oreilles, comportement redouté par tous les hommes de cheval et qu’ils semblent avoir éliminé par sélection dans les races domestiques. L’analyse génétique a apporté la preuve irréfutable : le cheval de Przewalski a 66 chromosomes, contrairement à toutes les races domestiques qui n’en possèdent que 64, cheval mongol inclus. Les hybrides ont 66, 65 ou 64 chromosomes et sont fertiles. Les généticiens pensent que ceci est dû à la fusion de deux chromosomes résultant de la domestication. Cependant cette fusion ne change pas forcément la composition des gènes, elle change plutôt leur disposition : la « distance génétique » n’est donc pas très grande entre les chevaux domestiques et le cheval de Przewalski. Si les occidentaux ont redécouvert ce cheval seulement à la fin du XIXème siècle, l’histoire secrète des mongols (XIIIème siècle) nous indique qu’il était connu depuis déjà plusieurs siècles. Cette redécouverte aura été de bien mauvais augure, puisque quelques décennies plus tard, dans les années soixante-dix, il disparut de l’état sauvage.

Retour

Un peu d'histoire sur le cheval de Przewalski

Les nomades mongols du Gobi devaient doucement rire à la « découverte » du cheval de Przewalski, eux qui le fréquentaient depuis des milliers d’années et pratiquaient des croisements réguliers dans le but d’améliorer les capacités d’endurance de leurs chevaux de course. Mais les scientifiques de la fin du XIX ème croyaient avoir répertorié tous les grands mammifères. Ainsi, quand l’explorateur russe Przewalski ramena en 1879 la peau d’un équidé du fin fond du Gobi en Dzoungarie (actuelle Chine), les discussions furent d’abord vives, et la découverte de cette nouvelle espèce, « Equus przewalski, Poliakov 1882 » rebaptisée depuis, fit grand bruit. Aussitôt, la ruée commença pour s’approprier des spécimens dans le but de les avoir bien sous les yeux et derrière des barrières. L’approche adoptée aujourd’hui par les scientifiques d’étudier une espèce dans son milieu naturel était encore loin des esprits… Les méthodes de capture d’antan étaient particulièrement brutales. Plutôt que d’anesthésier l’individu à capturer, on poursuivait un groupe entier en se relayant. Une fois celui-ci complètement épuisé, tous les adultes étaient abattus car ils défendaient leurs petits. Puis on attrapait les poulains pour essayer de les faire adopter par des juments domestiques avant de les envoyer sur l’interminable voyage vers les zoos de l’ouest. Une rapide estimation démontre que pour un poulain arrivé vivant à l’ouest, au moins dix chevaux mourraient. En l’espace de quelques années, les captures devinrent non rentables faute d’animaux. Le cheval de Przewalski eut également à faire face à la concurrence avec les troupeaux domestiques pour la nourriture. Les températures extrêmement basses qui peuvent avoir lieu en hiver en Mongolie ont alors dû donner le coup de grâce à cette espèce déjà affaiblie qui disparait de l’état sauvage dans les années 1970. Ce cheval ressemble aux animaux représentés dans les peintures rupestres qui ornent les grottes de l'âge de pierre en Europe, suggérant qu'à la préhistoire il couvrait une grande partie de l'Europe et de l'Asie. Au siècle dernier, l'habitat du cheval de Przewalski a été menacé par l'empiétement du bétail domestique sur ses pâturages et, dans les années 60, il a disparu du désert Gobi, un vaste secteur de la Mongolie méridionale. Au début du vingtième siècle, 53 chevaux ont été capturés et amenés en Europe. Les zoos ont sauvé l'animal de l'extinction en le faisant se reproduire avec succès. Aujourd'hui, environ 1 500 chevaux vivent en captivité. Certains vivent dans de grandes réserves dans des conditions semi-sauvages au Canada, en Chine, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Ukraine pour les préparer à une réintroduction en milieu naturel. Un plan global de gestion a été élaboré en 1990 pour réintroduire l'espèce sur son territoire historique. Le but final est de réintroduire le cheval de Przewalski dans un habitat sauvage sûr en Mongolie et en Chine en nombre suffisant pour qu'il puisse évoluer par la séléction naturelle. L'ONU en association avec plusieurs pays, dont les Pays-Bas, l'Allemagne, les Etats-Unis et le Japon, travaillent avec le gouvernement mongol pour aider à contrôler les secteurs protégés du pays et à favoriser la préservation de la biodiversité. Le programme des Nations Unies pour le développement (PDNU) finance ces efforts à travers le service global d'environnement (GEF) Les scientifiques estiment qu'il sera nécessaire de protéger 30 pour cent du territoire de la Mongolie aux fins de la conservation, pour maintenir la biodiversité existante. Le gouvernement a déjà établi un ensemble de secteurs protégés qui couvrent 12 pour cent du pays.


Retour