Le nomadisme en Mongolie

yourte nomade
  1. Les nomades mongols
  2. Déplacements et transhumances
  3. Actuellement
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Les nomades mongols

La particularité de la Mongolie est d’être un pays marqué par un héritage de pastoralisme nomade indissociable de son histoire, de son économie et de sa culture. Elle a été le berceau des fameux « empires des steppes » qui se sont succédés dans cette région du monde depuis le IIIe siècle avant notre ère. Le plus célèbre et le plus grand de ces empires reste celui de Gengis-khan et de ses descendants qui, au XIIIe siècle, domina une grande partie du continent. Cette époque reste dans les mémoires mongoles une période clé car elle a marqué la naissance de la nation mongole et la période la plus prestigieuse de son épanouissement. Dans la Mongolie d’aujourd’hui, les familles d’éleveurs nomades représentent plus de 30% des familles mongoles, c’est-à-dire près de 190 000 foyers, et l’élevage reste un secteur économique clé de la Mongolie avec une participation estimée à 30% à la production mongole et à plus de 80% de la production agricole. L’élevage peut donc être considéré comme un secteur stratégique pour le développement de la Mongolie. Il est d’ailleurs inscrit dans la Constitution mongole que « le bétail est une richesse de la nation et doit être protégé par le gouvernement ».

Déplacements et transhumances

nomade du gobi

Les familles d’éleveurs se déplacent en moyenne deux ou trois fois par an, avec leurs troupeaux de moutons, chèvres, vaches, yacks, chameaux et chevaux. Mais l’intensité et la durée de ces déplacements transhumants augmentent dans les zones les plus arides, comme celles du Gobi au sud, où les pâtures sont clairsemées et fragiles. Le nomadisme permet aux éleveurs mongols d’assurer une exploitation minutieuse de milieux naturels défavorables où les ressources sont faibles et le climat aride et capricieux. Ce genre de vie et ce mode de production permettent de faire face avec efficacité aux risques les plus courants par une mobilité permanente, marquée par la quête incessante de points d’eau et des nouveaux pâturages. Cette mobilité a permis aux Mongols de forger au fil des siècles une certaine maîtrise de leur territoire. Mais il est aussi incontestablement un mode de vie en exposition directe aux risques et les aléas climatiques, et principalement les sécheresses lorsqu’elles se prolongent, peuvent anéantir un troupeau et le groupe familial qui le possède. Les déplacements des éleveurs se font librement, par concertation entre éleveurs, mais les emplacements de certains campements, d’hiver et de printemps notamment, sont signalés aux autorités locales. En Mongolie, la terre appartient à chacun. Une loi sur la privatisation des terres a été votée en 2002 mais ne concerne que les zones urbaines et minières. La simple évocation de la privatisation des pâturages, et donc de l’essentiel des steppes mongoles, avait provoqué un véritable tollé. Certains la préconisent à voix basse, y voyant un frein aux problèmes de surpâturage vécus dans les régions péri-urbaines. Mais elle n’est pas envisageable pour l’instant. La steppe continue d’appartenir à tous les Mongols.

betail des nomades

Actuellement

Les éleveurs ont mal vécu le délabrement des solides infrastructures commerciales dans les campagnes mongoles qui a marqué la décennie 1990. Ils ont beaucoup de difficultés à acheminer la viande, les produits laitiers, le cuir et la laine vers les villes pour les vendre, alors que ces productions représentent bien souvent leur seule source de revenus. Le changement climatique est l’autre grand problème auquel ils doivent s’adapter. Ces dernières années ont été marquées par une hausse des températures moyennes annuelles et par un bouleversement du calendrier des précipitations, deux phénomènes qui ont des répercussions dramatiques sur l’écosystème. Beaucoup d’éleveurs actuels s’avèrent très vulnérables face à ces aléas climatiques : inexpérimentés, n’ayant plus le savoir-faire de leurs ancêtres, ils peuvent perdre tout leur troupeau lors d’un hiver trop rigoureux. C’est ce à quoi on a pu assister lors des rudes hivers 2000, 2001 et 2002 où des millions de têtes de bétail ont perdu la vie. Enfin, l’isolement géographique par rapport à Oulan-Bator, la capitale, est souvent mal vécu par les éleveurs, qui portent un regard très ouvert et très curieux sur le monde et l’actualité. Ils tiennent énormément à la scolarisation de leurs enfants, un service qui était bien assuré pendant la période communiste. Depuis quelques années, les familles nomades cherchent à équiper leur yourte d’un panneau solaire. Beaucoup de jeunes éleveurs clament maintenant haut et fort que, grâce à un téléviseur et une parabole, ils ne sont plus coupés du monde et n’ont plus rien à envier aux habitants des villes, au contraire. chèvres des nomadesUn certain nombre de jeunes ruraux, et surtout des filles, rêvent d’aller faire leurs études en ville, et d’y travailler. Mais il y a aussi beaucoup de jeunes mongols qui trouvent leur bonheur dans la vie nomade et sont fiers de leur travail d’éleveur. De plus, au niveau politique, les autorités ont pris conscience de l’importance économique et écologique du pastoralisme nomade. Elles savent qu’en milieu aride et fragile, le pastoralisme nomade est le meilleur moyen de mettre en valeur les ressources naturelles. Enfin, les Mongols ont connaissance des désastres écologiques et sanitaires provoqués par les élevages intensifs de la Chine voisine, et savent que l’intérêt pour les modes de production écologiques ne fait qu’augmenter à l’échelle internationale. C’est pourquoi, même si des fermes d’élevage intensif sont apparues, la plupart des dirigeants de la Mongolie perçoivent très bien la grande valeur de l’élevage pratiqué par les pasteurs de leur pays.

chevaux des nomades